A Istanbul, rencontre entre écologistes

Alors qu’avec l’actualité internationale la Turquie se retrouve au centre de toutes les attentions – guerre civile en Syrie, avancées de l’EI, réfugiés kurdes, flux migratoires vers l’Union européenne – les eurodéputés écologistes français Michèle Rivasi, Karima Delli, Yannick Jadot et Pascal Durand se sont rendus à Istanbul du 7 au 9 novembre 2014. La capitale économique de la Turquie accueillait notamment le 25e conseil du Parti Vert européen (PVE).

Lors de leur déplacement, les quatre eurodéputés ont pu participer à de nombreux débats organisés par le PVE : géopolitique, sécurité et transition énergétique en Turquie, chômage des jeunes en Europe, crise au Moyen-Orient, futur de l’UE et rôle de la Turquie, etc.

Le vendredi 7 novembre en fin d’après-midi, les eurodéputés Europe Ecologie ont pu également rencontrer en marge du conseil les représentants des écologistes turcs (Yesiller ve Sol Gelecek Parti- YSGP, « les Verts et la Gauche, le parti d’avenir ») ainsi qu’une association de défense de la communauté arménienne (Nor Zartonk) afin d’échanger longuement avec eux sur toute une série de priorités politiques à porter de concert : le renforcement des liens entre l’UE et la Turquie, les questions migratoires, la question du nucléaire et plus largement de la transition énergétique, les marges de manœuvre pour une offre politique alternative progressiste dans le pays ou encore la prochaine commémoration du centenaire du génocide arménien.

Etaient présents, aux côtés de Michèle Rivasi,Karima Delli, Pascal Durand et Yannick Jadot, Sayat Tekir, de l’association arménienne Nor Zartonk, Sevil Turan, co-porte-parole du YSGP, Ahmet Atıl Asıcı, président de la commission économie et membre du bureau exécutif du YSGP, Nil Mutluer, membre de l’assemblée du parti, Gizem Kastamonulu, membre de son bureau exécutif et Saruhan Oluç, vice-président du HDP (la plateforme politique plus large dont font partie les Verts turcs).

Deux sujets prioritaires sont ressortis des discussions :

– Tout d’abord les luttes écologistes communes contre les grands projets inutiles : en effet, en France ceux-ci font la une de l’actualité (Sivens, Notre Dame des Landes, Lyon-Turin, etc.), et en Turquie, le gouvernement d’Erdoğan, dans sa course effreinée à la croissance, multiplie les grands travaux dans l’indifférence totale des questions de défense de l’environnement. Les manifestations au Gezi Park à Istanbul sont notamment parties d’une exaspération de toute une partie des Stanbouliotes face à la destruction programmée d’un des derniers espaces verts de la ville.

– Ensuite la situation problématique des minorités en Turquie (arménienne, kurde, LGBT, etc.) et la question dramatique de l’afflux des réfugiés syriens entrant en Turquie pour échapper à la guerre avant de vouloir rejoindre l’Europe.

Sur ces deux sujets, les délégations écologistes françaises et turques ont pris date et réaliseront d’ici peu des actions communes.

Face à la course folle à la croissance, en Turquie comme en Europe, les écologistes continuent à poser les bases communes d’un modèle alternatif refusant la destruction des peuples et de leur environnement. A cet égard, le rendez-vous d’Istanbul était incontournable.

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