Urgence en Birmanie: stopper le massacre des Rohingyas

La minorité Rohingya est l’une des plus persécutées au monde selon les Nations-Unies. La situation actuelle atteint un tel paroxysme qu’elle a poussé le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits humains à la qualifier le 11 septembre de « nettoyage ethnique ».

Depuis le 25 août, un pic de violence a poussé à l’exil près de 294 000 Rohingyas, ce qui porte le nombre de réfugiés au Bangladesh à près de 700 000. Le nombre de déplacés internes, se comptant en centaines de milliers reste flou. Mais au Bangladesh comme en Birmanie, se pose la question des conditions de vie dans les camps de réfugiés, que même le Haut-Commissariat aux réfugiés n’arrive plus à gérer. Outre les campagnes de violence systématiques, les Rohingyas se trouvent privés de leur liberté de mouvement, de l’accès aux soins, à l’éducation ou encore au marché du travail.

L’attitude de Aung Saan Suu Kyi a surpris les organisations des droits humains, qualifiant tantôt les exactions décrites « d’iceberg de désinformation » et tantôt omettant de faire une distinction entre la population civile Rohingyas et ceux ayant perpétrés des attaques armées à l’encontre des forces birmanes.

Aung Saan Suu Kyi, à la tête de l’État birman, semble tenue par les militaires qui détiennent 25% des sièges du parlement birman d’un côté et par la pression des religieux de l’autre, incarne bien peu son statut de prix Nobel de la Paix.

Facteur aggravant : en coulisses la défense d’intérêts économiques agite la situation, le gouvernement  birman voulant rendre la zone de l’état de l’Arakan attractive pour les investisseurs étrangers (minerais, cultures industrielles, etc.), semble vouloir vider ces terres de leurs populations.

Europe Écologie Les Verts appelle la communauté internationale à faire pression sur le pays à travers les Nations-Unies, voire par le vote d’une résolution condamnant la Birmanie au Conseil de sécurité qui se réunit aujourd’hui.  L’embargo sur les armes reste  insuffisant pour exercer une réelle pression économique sur le régime.

Pour les écologistes, il est du devoir de Aung Saan Suu Kyi de dénoncer ouvertement les exactions commises à l’encontre des Rohingyas et d’utiliser les outils pacifiques de la communauté internationale et la légitimité que lui confère le prix Nobel de la paix pour y mettre un terme.

Il est urgent que le gouvernement birman autorise les experts de la mission internationale indépendante, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à se rendre sur place.

Le gouvernement birman s’était engagé à respecter et à mettre en place les recommandations du rapport Kofi Annan qui rappelle notamment le droit des Rohingyas à la citoyenneté birmane sur le même plan d’égalité que les autres communautés alors qu’ils en sont exclus par la loi birmane sur la citoyenneté depuis 1982. Cela permettra de mettre fin à la violence entre communautés et assurera un retour pacifique et sécurisé des Rohingyas sur leurs terres.

Europe Écologie Les Verts demande à la Commission européenne de suspendre les négociations sur l’accord de protection des investissements européens en cours entre la Birmanie et l’Union européenne. Il est intolérable que les intérêts économiques de certains priment sur les droits humains d’autres.

Dans ce sens, les écologistes soutiennent l’appel à la manifestation appelée par Human Rights Mission et du Collectif Hameb pour sensibiliser au sort des Rohingyas et dénoncer les exactions dont elles et ils sont victimes. Europe Écologie Les Verts appelle à se joindre à cette manifestation qui aura lieu le 16 septembre à 14h à Paris, place du Trocadéro.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux

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